Clowns à l'Hôpital Chenevier/Henri Mondor

Inextenso93 intervient depuis mars 2014 deux fois par mois dans les chambres et les lieux de vie du service de Neurologie long séjour de l’hôpital Chenevier à Créteil, et désormais dans le service de Soins Palliatifs Les patients, très handicapés jusqu'à être privés de mouvement, de langage ou de relations sociales se retrouvent fortement voire parfois totalement dépendants et très isolés.

Le projet est de rompre cet isolement et apporter plus de fantaisie, de rires, de sourires dans un lieu où la maladie, la souffrance, l’enfermement et la mort sont fortement présentes, de contribuer au renforcement des liens entre les différentes personnes et personnels qui se cotoient dans le milieu hospitalier (patients, personnel médical et paramédical, familles, visiteurs...), et de permettre aux interlocuteurs d'ouvrir en eux-mêmes des espaces de fantaisie et de fiction.

Nos Clowns sont des Clowns de théâtre. Ce sont des artistes qui disposent d'un savoir faire (la musique, le chant, l'acrobatie, le jonglage, le jeu burlesque, la marionnette, la magie, le mime...) et d'un savoir être au service de la relation : la bienveillance, l'écoute, la délicatesse, l’authenticité... Ils savent jouer pour les adultes. Ils ne rient pas des autres, ils ne se moquent pas. Ils font rirent d'eux même et sont empreints d'une naïveté et d'une forme de poésie faite du subtil mélange entre improvisation et profondeur de la rencontre. D'ailleurs parfois ce n’est pas tant le rire qui vient que les émotions que le Clown partage avec la personne.

Dans le contexte de l'hôpital, ils constituent une effraction libératrice. Ils sont décalés, colorés, bruyants, provocants, peu conscients des règles… autant de choses inhabituelles à l’hôpital. Ils vivent ce qui se passe au présent de la situation. Il en découle dans chaque chambre un jeu unique et personnalisé ou le principal outil de jeu est l’improvisation, les patients sont alors spectateurs ou acteurs. Ils peuvent donner la réplique, orienter le jeu, se rendant ainsi actif contrairement à la relation de soins où il est le plus souvent passif.

Par le jeu, les clowns n’ont de cesse de resserrer les liens et offrent la possibilité de changer le regard que les uns portent sur les autres et réciproquement.